Il ne fait pas bon être un âne à Santorin. Pour monter les presque 600 marches qui relient le port au fond de la caldeira au village de Fira, plus de 350 ânes sont utilisés pour transporter les bagages, les enfants et aussi les adultes. Au total, sur une saison, chaque bête fait plus de 100km. Ailleurs dans l’île, des ânes sont aussi utilisés pour transporter les poubelles là ou la place est limitée.

Ces animaux, traditionnellement utilisés par l’homme pour l’accompagner dans les travaux sont pourtant malmenés sur Santorin. En cause, des conditions de travail beaucoup trop dures avec peu de repos, peu d’ombre, pas d’endroit pour boire.

Utiliser les ânes n’est pas problématique en soi mais avec des touristes toute l’année (ce qui n’était pas encore le cas il y a encore quelques temps), les pauvres bêtes font de très longues journées et portent des charges bien trop lourdes. Un âne ne devrait pas porter plus de 20% son poids et force est de constater que mis à part les enfants en dessous de 10 ans et certains bagages, on dépasse allègrement la limite tolérable pour ces animaux.

Les ânes sont donc stressés (on le remarque à leur tête courbée) et souffre au niveau de leur os, de leurs ligaments et de leurs muscles. De plus l’équipement, pas toujours adapté ni de première jeunesse, les blesse.

Plusieurs associations ont déjà soulevé le problème et sur place ça bouge depuis quelques années. Des opérations vétérinaires bénévoles et des actions ponctuelles ont déjà permise d’aller dans le bon sens.

Mais depuis tout récemment, un nouveau pas a été franchi. Les institutionnels locaux viennent de mettre en place un ensemble de règle afin de lutter contre la surexploitation des ânes de Santorin. Le ton montait entre aniers et défenseurs de la cause animale, alors pour éviter toute mauvaise publicité, la mairie a réagit. Désormais, les charges et les horaires de travail des ânes sont encadrés.

Enfin, il est bon de rappeler que :

  • Faire un peu d’exercice et monter à pied est aussi une possibilité
  • Prendre le téléphérique (qui coûte moins cher que la montée en âne) n’est pas idiot non plus.

Photo : Pieter Cornelissen