L’éruption de Santorin et les tsunamis de l’antiquité

Les scientifiques savaient que l’explosion du volcan du Santorin, appelée éruption minoenne et datée d’environ 3600 ans (-1600 avant JC), avait fortement marqué les civilisations de l’antiquité. Les 10 plaies d’Égypte et le mythe de l’Atlantide… en sont inspirés. Les minoens, basés en Crète avaient même été décimés et leur flotte anéantie.

Mais aujourd’hui, de nouvelles preuves apparaissent avec notamment la découverte, en Turquie à Tchesmé, à plus de 200km de Santorin des traces archéologiques confirmant que plusieurs tsunamis ont ravagé la côte. Ce sont 8 archéologues et chercheurs, avec à leur tête Vasif Sahoglu qui expliquent le résultat de leurs découvertes dans un article publié dans la revue scientifique PNAS.

Les scientifiques ont constaté qu’il y avait eu 4 tsunamis très rapprochés à une date qui pourrait coïncider avec l’explosion du volcan de Santorin. Les différentes vagues étaient d’intensité variable et réparties vraisemblablement sur plusieurs semaines : les 2 premières étaient très rapprochées, les autres plus éloignées dans le temps. À Tchesmé, les conséquences de ces tsunamis ont rayé la ville de la carte et les lieux furent désertés pendant 1 siècle.

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Travaillant sur le site depuis 2009, l’archéologue Vasif Sahoglu s’est penché sur ce site découvert en 2002 suite à des travaux de construction sur un immeuble. Ce sont d’abord des poteries anciennes qui ont attiré les spécialistes. Depuis la découverte du site, le chantier de fouille est actif. Des bâtiments en très bon état ont été trouvé mais c’est surtout une petite parcelle, complètement désorganisée qui a attiré le chercheur : couches de cendres, éboulis, coquillages et de nombreux débris étaient présents.

Avec l’aide d’un spécialiste en géologie marine, les chercheurs ont pu comprendre ce qui s’était passé. Et découvrir ce qui est aussi le premier décès attribuable à l’explosion du volcan car aussi incroyable que cela puisse paraître, il n’y a pas d’autres traces de victimes de l’éruption minoenne. Ce qui est le plus probable, c’est que les scientifiques n’ont pas su faire le lien entre les causes de la mort des autres squelettes trouvés sur les différents sites de fouille et l’explosion du volcan de Santorin.

L’éruption du volcan de Santorin fût exceptionnel par son intensité. Des traces sont visibles jusqu’au Pôle Nord et en californie et pourtant, les sites archéologiques sur le pourtour de la Méditerranée se comptent quasiment sur les doigts de la main. La faute au climat et surtout à la difficulté à repérer les effets d’un tsunami comparé à un tremblement de terre lors de fouilles archéologiques. De plus, une des caractéristiques des tsunamis, c’est qu’ils enlèvent de la matière au lieu d’en ajouter ce qui rend leur découverte et leur compréhension plus difficile.